Démarche RSE : quelles sont les meilleures pratiques en entreprise ?

27/10/2022 11h37 Société
Dans le monde de l’entreprise, avoir une démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) est devenue un quasi-indispensable ! Si l’acronyme était encore obscur pour certains il y a quelques années, la plupart des salariés sont aujourd’hui informés sur les actions de développement durable mises en place par leurs employeurs. Encore mieux, les engagements de l’entreprise deviennent indispensables pour recruter les talents, les candidats refusant désormais de travailler pour une organisation ayant un impact néfaste sur la planète.

Sur le plan social ou écologique, les projets portés par les équipes RSE sont des atouts stratégiques au service de la performance et de l’image d’une entreprise. La tentation est donc grande de se lancer dans des actions cosmétiques sans réel impact, et de tomber dans les travers du greenwashing.

Quelles sont donc les meilleures pratiques en matière de démarche RSE ? How I Met Your Planet vous livre quelques exemples illustrés par les entreprises de son job board !

 

Une démarche RSE, qu’est ce que c’est ?

Avant toute chose, qu’entendons-nous réellement par démarche RSE ? Entre définition et cadre légal, la RSE est encadrée par des règles bien précises.

La RSE, définition

Depuis 2011, la RSE est désignée par la Commission Européenne comme « la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société ».

Une démarche RSE implique pour l’entreprise de rendre visible sa gestion des risques et de communiquer sur les impacts de ses activités en toute transparence, mais aussi d’agir concrètement pour résoudre les problématiques environnementales et/ou sociales auxquelles elle participe.
 

Les grands piliers d’une démarche RSE

Sur le terrain, une démarche RSE s’articule généralement autour de plusieurs piliers, qui sont des priorités d’action pour l’entreprise.

Si les piliers du développement durable (environnement, social, économique) sont souvent la base de la réflexion, chaque entreprise est libre de décliner son plan d’action en fonction de ses enjeux principaux.

Par exemple, une organisation peut choisir de concentrer ses efforts sur l’égalité hommes/femmes, le handicap, les achats responsables et le climat, tandis qu’une autre peut privilégier les sujets antiracistes, l’emploi des jeunes, la biodiversité et l’économie circulaire.

Certaines entreprises considèrent également que les sujets RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) et compliance (l’ensemble des processus qui assurent qu’une entreprise et ses salariés respectent les normes juridiques et éthiques) font partie de leur démarche RSE. Pas étonnant quand on voit que des plateformes d’évaluation des performances RSE comme Ecovadis le demandent pour leur processus de certification !

Le cadre légal de la RSE

On y arrive, toute démarche RSE répond à un contexte juridique et normatif. Loi PACTE, documents obligatoires et certifications ISO sont les indispensables pour une stratégie RSE pertinente et encadrée !

La loi PACTE

La loi PACTE, quésako ? Sortie en 2019, cette loi est promulguée pour faire grandir les entreprises et repenser leur rôle dans la société. La RSE y prend une part importante, avec de nouvelles dispositions légales comme l’intégration des enjeux sociaux et environnementaux dans l’objet social de toutes les entreprises, la possibilité pour elle d’ajouter une raison d’être dans leurs statuts, et enfin la création du statut de l’entreprise à mission.
 

Les documents obligatoires

Les entreprises sont aussi soumises à la publication de nombreux documents RSE :

Les normes ISO

Des normes de référence, non-obligatoires, peuvent également aider à structurer la démarche RSE d’une entreprise. La norme 9001 intègre par exemple la notion de management de qualité, la norme ISO 26000 encadre les grands principes de la RSE (gouvernance, respect des droits de l’Homme, respect de l’environnement, qualité des conditions de travail, soutien aux communautés locales, etc.), et la norme ISO 5001 propose un système de management de l’énergie. Certains partenaires commerciaux et clients exigent désormais l’obtention d’ISO précis, les entreprises ont donc tout intérêt à se faire certifier !

Les fondamentaux pour se lancer dans une démarche RSE

Pour se lancer dans une démarche RSE, il y a quelques fondamentaux à connaître.

La prise en compte de l’avis des parties prenantes internes et externes à l’entreprise est une première étape ! Conduire une enquête auprès des collaborateurs, fournisseurs, clients, etc. est en effet une bonne entrée en matière pour connaître leurs priorités en matière de RSE. Attention, encore un terme technique : la réalisation d’une matrice de matérialité, outil permettant de hiérarchiser les enjeux ressortis de cette enquête, est vivement conseillée.
 

Autre gage de qualité d’une démarche RSE : son équipe ! La mise en place d’une démarche RSE performante dépend de l’existence d’un service RSE digne de ce nom. Recruter, ou bien former ses équipes au développement durable et nommer des référents est essentiel.

Enfin, il serait tout de même dommage de se lancer dans une démarche RSE et de ne pas communiquer dessus. Une communication externe solide (et sincère) doit être élaborée pour ne pas tomber dans le greenwashing et pour inspirer d’autres acteurs économiques à suivre l’exemple. La communication interne est elle aussi à ne pas négliger : elle est nécessaire pour impliquer les collaborateurs à chaque niveau de l’entreprise !

 

L’environnement, sujet indispensable d’une démarche RSE réussie

Après les fondamentaux, entrons maintenant dans le vif du sujet : les meilleures pratiques en matière de démarche RSE ! Commençons avec le volet environnemental.

Évaluer son impact pour poser les bases de sa démarche RSE

Nous en avons parlé précédemment, le Bilan carbone ou BEGES (Bilan d'émission de gaz à effet de serre) est une obligation légale pour de nombreuses entreprises.

Cabinets spécialisés en RSE et startups de la greentech permettent aujourd’hui aux entreprises de toutes les tailles d’analyser leur impact, qu’elles y soient contraintes juridiquement ou non. La startup Apiday développe ainsi un outil SaaS pour aider les entreprises à mesurer leur empreinte sociale et environnementale, en collectant facilement leurs données extra-financières. Pourquoi c’est génial ? Parce qu’avant de mettre en place des actions dans tous les sens, l’évaluation de son impact réel permet d’établir des priorités, en fonction de ses externalités négatives et postes d’émission les plus conséquents. On centralise ainsi les efforts là où ils sont véritablement efficaces !
 

L'ACV (analyse du cycle de vie), cousine du bilan carbone, est enfin un outil d'évaluation multicritère (ressources en eau, en pétrole, pollution en GES et chimique, etc.) des impacts environnementaux d’un produit ou d’un service en particulier (à l’inverse du bilan carbone qui s’intéresse à toute l’entreprise). Elle suit son empreinte depuis l’extraction des matières premières nécessaire à sa fabrication jusqu’à sa fin de vie. Elle est très utile pour faire des choix avisés avant le lancement d’un nouveau produit et pratiquer l’écoconception.

Mettre en place un plan d’action

Une fois les impacts mesurés et analysés, place à l’action ! Une bonne pratique consiste à définir des KPIs, des indicateurs clefs à suivre pour connaître l’évolution de son impact et mesurer l’efficacité des actions déployées. L’élaboration d’un plan d’action adapté aux priorités et articulé autour des piliers RSE de l’entreprise est ensuite important pour savoir où aller, à la manière d’une feuille de route.

Par exemple, si l’impact principal d’une entreprise est lié à la livraison des marchandises, choisir des modes de transport moins polluants, rapprocher les sites de production des sites de vente pour limiter le trajet à parcourir, etc. sont des pistes qui peuvent être envisagées.

Sur How I Met Your Planet, de nombreuses entreprises référencées sont spécialisées dans la réduction d’impact sur un ou plusieurs sujets en particulier :

Soutenir des projets engagés pour la planète

Avez-vous déjà entendu parler de la séquence ERC pour « Éviter, réduire, compenser » ? Apparue aux USA puis en France en 1976 (loi pour la protection de la nature), elle préconise dans un premier temps de tout faire pour éviter les atteintes à l’environnement, puis de réduire celles qui ne peuvent pas être complètement évitées, et enfin de compenser ailleurs les impacts négatifs inévitables.

Les entreprises ont ainsi la possibilité d’investir dans des projets à impact pour compenser leurs émissions. Protection de récifs coralliens, plantation de forêts, financements de centrales solaires sont quelques exemples.

Attention tout de même : si la compensation apparaît comme dernière option de la séquence ERC, ce n’est pas pour rien. Une entreprise qui cherche à compenser ses émissions sans fournir le moindre effort pour réduire l’impact direct de ses activités est tout bonnement une entreprise qui cherche à s’acheter une bonne conscience. Alerte greenwashing !

 

Les exemples d’actions sociales pour une bonne démarche RSE

Si la question environnementale semble la plus évidente lorsqu’il s’agit d’implémenter une démarche RSE, il ne faut pas oublier non plus les enjeux sociaux !

 

Mettre en place une politique de diversité

Certaines entreprises déploient une véritable politique de diversité, intimement liée à la démarche RSE.

La politique de diversité, portée généralement par les équipes RH et/ou RSE, vise comme son nom l’indique à garantir une diversité des profils dans les équipes, en favorisant l’égalité des chances, la non-discrimination et l’égalité de traitement. Elle est présente dans tous les pans de l’entreprise, depuis la communication externe et les recrutements jusqu’au plans d’évolution de carrière et pratiques de management internes.

Un exemple en matière de recrutement consisterait à former les recruteurs à la non-discrimination dans la rédaction des offres d’emploi et au moment des entretiens d’embauche. Les modes de sourcing des candidats et les types de contrats proposés (ouverture aux contrats d’insertion, formations internes pour des profils éloignés de l’emploi avec promesse d’embauche, etc.) sont également à réfléchir pour permettre plus de diversité en entreprise.

D’autres actions déployées en interne comme l’aménagement de poste et l’accompagnement des travailleurs RQTH (Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé), la signature de chartes spécifiques (exemple de la Charte d’engagement LGBT+ de l’Autre Cercle) ou encore la promotion de l’égalité professionnelle sont des indices sur les priorités RSE des entreprises.

Impliquer ses collaborateurs dans sa démarche RSE avec le mécénat

Impliquer ses collaborateurs dans sa démarche RSE est un gage de bien-être au travail pour ses équipes et de performance pour son entreprise. Une étude conduite par Gallup précise ainsi que les organisations ayant des collaborateurs très engagés ont une rentabilité supérieure de 21% par rapport à la moyenne.

C’est là que le mécénat de compétence entre en scène ! À l’inverse du mécénat financier, il s’agit de faire don de son temps et de ses compétences à un organisme d’intérêt général. L’entreprise accorde ainsi à ses collaborateurs la liberté de s’investir pour une bonne cause pendant leurs horaires de travail.

Exemple concret avec Kodiko, qui propose un programme d’accompagnement pour les personnes réfugiées. Un binôme est ainsi formé avec un salarié volontaire, qui deviendra mentor chargé de faire découvrir le monde de l’entreprise à un bénéficiaire du programme.

La mise en place d’une démarche RSE n’a désormais plus de secrets pour vous !

Envie de découvrir encore plus d’organisations à impact que celles citées dans cet article ? Rendez-vous sur notre job board !

 

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