La mode éco-responsable [#1] : un modèle à bout de souffle

18/10/2019 14h08 Entreprises
Méthodes de production, transport, problème de recyclage… l’industrie du prêt-à-porter s’est engagée cet été à diminuer son empreinte carbone avec la signature du « Fashion Pact », par 32 géants du textile. Focus sur un secteur en pleine transformation.

Si les entreprises ont souvent été pointées du doigt pour leur éthique et les conditions de travail de leurs employés, c’est aujourd’hui leur impact environnemental qui fait débat. Certaines marques ont récemment pris la décision de changer leurs méthodes de production, en utilisant davantage de coton bio ou des matières recyclées. Mais le secteur reste fortement énergivore : du besoin en eau pour produire le coton à l’utilisation du pétrole pour fabriquer le polyester, elle est une industrie fortement consommatrice de matière première. Produire plus à moindre coût : le modèle de la « fast fashion » devient indigeste pour la planète. Plusieurs associations ont d'ailleurs manifesté leur mécontentement récemment, jugeant les initiatives comme celles du pacte de cet été comme insuffisantes; Ethique de l'Ethiquette parle même de "retour à la mode des engagements sans contrainte". En effet, certains enjeux majeurs comme la surproduction ne sont d'ailleurs pas traités ou même évoqués par les géants du secteur.

Consommer moins mais mieux

Ces dernières années, les collections se sont démultipliées et la durée de vie moyenne d’un vêtement a fortement chuté. Moins solide et porté moins longtemps, ce sont à la fois les méthodes de production et de consommation qui font débat. C’est d’ailleurs sur ce point que Loom s’est penchée. Créée en 2016, la marque française s’est construite autour d’un objectif : démocratiser la mode durable. Loom propose ainsi des vêtements au look intemporel et à la confection soignée pour pouvoir les porter plus longtemps et ainsi réduire sa consommation.

Conséquences ? Une production plus adaptée à l’environnement et à l’humain comme en témoigne Clément, COO : « Nous nous inscrivons dans une logique de slow fashion, avec des matières premières de qualité tout en développant des partenariats forts avec nos fournisseurs ».

 

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Des stratégies plus à la mode 

Ainsi, leur production est localisée en Europe, pour limiter le transport entre les usines et le public visé, mais pas seulement : « Cette proximité avec nos ateliers nous permet de bénéficier d’une totale transparence sur les conditions de travail et de créer une relation durable avec nos partenaires. Nous profitons également d’un savoir-faire et d’une connaissance du textile développés depuis plusieurs siècles ». 
 
Les grands groupes font donc aujourd’hui face à de nouveaux acteurs tandis que le marché de seconde main émerge. Mais l’enjeu principal pour ces multinationales est de réduire son empreinte carbone tout en continuant à proposer des prix accessibles à leurs segments de marché, alors qu’en moyenne un européen achète plus de 12 kg de vêtement par an.

 

Edouard

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