Entreprises et ODD #3: bien être et éducation

09/11/2020 11h36 Entreprises
SimONU poursuit sa série sur les objectifs de Développement Durable. Après nous avoir présenté l'implication des entreprises dans la lutte et la pauvreté dans le monde, focus ici sur un sujet plus que jamais d'actualité.

Poursuivons aujourd’hui notre objectif de compréhension et d’accompagnement des Objectifs de Développement Durable. Cap sur les deux objectifs suivants. Si dans le domaine de la santé et de l’éducation, des progrès ont été réalisés, le contexte actuel nous montre bien qu’il reste du chemin à parcourir. D’une part, la COVID-19 a ralenti le développement et l’intégration des Objectifs de Développement Durable. Pour beaucoup, la priorité n’était plus de se soucier de ces objectifs mais de surmonter la crise sanitaire. D’autre part, la pandémie a révélé des fragilités quant à l’application des objectifs. On pense notamment à l’impossibilité pour bon nombre d’enfants de suivre un enseignement de qualité. Malgré cela, les actions en faveur des objectifs 3 et 4 ne doivent pas faiblir. 


#ODD 3 : Bonne santé et bien-être 

Un ODD des plus actuels !

Notre série continue aujourd’hui avec l’ODD 3. Il apparaît d’ailleurs d’autant plus d’actualité aujourd’hui au regard des enjeux sanitaires imposés par la pandémie actuelle. Ainsi, le but de cet ODD est de « Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge ». 
Car oui, même si comme l’attestent les Nations-Unies, des avancées notables ont permis d’améliorer l’espérance de vie ou encore réduire la mortalité infantile, les efforts ne doivent pas s’amenuiser. Au contraire, ils doivent s’accélérer car nombre de personnes sont encore vulnérables à des maladies anciennes, souffrent de mauvaises conditions sanitaires et/ou n’ont pas encore accès à des systèmes de santé.
Des progrès certes, mais une marge de progression encore immense !
Dans le domaine de la santé, les efforts doivent être poursuivis, et ce à bien des égards. Parlons tout d’abord de la santé infantile. Même si la mortalité infantile recule grâce aux vaccins, 5 millions d’enfants meurent chaque année avant d’avoir 5 ans. Ils vivent majoritairement en Afrique subsaharienne et en Asie du sud dans des ménages pauvres et en zone rurale. Ensuite, il faut encore agir en matière de santé maternelle. En effet, le taux de mortalité maternelle a reculé de 37% en 20 ans et plus de 83% des femmes dans les régions en développement reçoivent des soins prénatals contre 65% en 1990. À contrario, l’usage des contraceptifs qui avait explosé dans les années 1990 a nettement ralenti depuis les années 2000. En ce qui concerne les maladies et les virus, les chiffres sont tout aussi inquiétants. En 2017, près de 37 millions de personnes vivaient avec le VIH et plus de 21 millions avaient accès à la thérapie antirétrovirale, soit près de 60%. Ce qui est encore trop peu d’autant plus que 1,8 millions de personnes ont nouvellement été infectées en 2017 et que 940 000 personnes sont décédées de maladies (la tuberculose dans 1/3 des décès) liées au SIDA cette même année. A cela s’ajoute des inégalités auxquelles sont confrontées les adolescentes et les jeunes femmes. En conséquence, le VIH est la première cause de décès chez les femmes en âge de procréer dans le monde et le SIDA la première de décès chez les adolescents en Afrique subsaharienne. 


Quels sont les enjeux ?


Outre la volonté de réduire la mortalité infantile, enrayer des épidémies majeures et combattre des maladies tropicales ou transmissibles, d’autres enjeux existent. Les accidents du travail et les maladies professionnelles, certaines addictions (tabac, alcool etc.) mais aussi les impacts sur la santé humaine liés à la dégradation de l’environnement, au changement climatique ou encore aux émissions de polluants sont autant de combats à mener pour améliorer la santé et le bien-être de tous. Des combats qui sont intrinsèquement liés aux épidémies. Car oui, l’augmentation des déchets, des émissions toxiques issue des activités industrielles, engendrent directement la hausse de la pollution. Nombreuses sont les personnes à développer aujourd’hui des pathologies. Ainsi, la réalisation de l’ODD 3 ne sera possible qu’à condition que chacun ait accès aux services de soins grâce notamment à une couverture santé universelle et aussi grâce au développement de la recherche. 


Quel rôle pour les entreprises ? Un mot d’ordre : INNOVER !


Vous concernant, ces derniers enjeux cités sont directement en lien avec les enjeux de votre entreprise. Des collaborateurs en bonne santé et en situation de bien-être sont des collaborateurs plus performants. Ainsi, nombreuses sont les possibilités d’action : innover dans la réduction des décès liés aux émissions polluantes ou de substances dangereuses ou encore informer sur les composants et les risques associés pour ce qui est de la protection de la santé du consommateur, mettre en place une politique de sécurité et santé au travail pour prévenir et réduire les accidents du travail et les situation à risques, sensibiliser ses employés, s’assurer de l’accès de ses employés à la sécurité sociale et aux soins ou bien mettre en place des processus de production qui limite l’usage de polluants pour travailler dans des conditions saines. Autre terrain d’action : les communautés. Vous pouvez soutenir des campagnes préventives sur des maladies graves telles que le paludisme, la tuberculose, le SIDA ou favoriser la lutte antitabac, participer à la recherche médicale de manière directe ou indirecte via le financement. Vous pouvez par exemple financer la lutte contre les maladies infectieuses qui touchent les pays en développement. 
L’accès aux soins, la prévention ou bien la diminution des composants deviennent de véritables opportunités. L’innovation est un moyen d’agir pour votre entreprise.


#ODD 4 : Education de qualité  

Droit à l’éducation, un droit fondamental et universel
L’Objectif de Développement Durable 4 a pour vocation « d’assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». Il s’appuie sur la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948) faisant de l’éducation un droit humain fondamental. L’enjeu de cet objectif va plus loin que l’accès à l’éducation pour tous. Quel que soit votre sexe, votre âge, votre localisation vous devez avoir accès à une éducation de qualité et ce tout au long de votre vie ! L’accent est donc mis sur l’égalité de possibilités. Car oui, l’éducation permet de sortir de la pauvreté et ouvre à la mobilité socio-économique. Ainsi, outre les enseignements primaire et secondaire, l’accès à l’éducation passe aussi par la formation professionnelle continue. 


Education, où en sommes-nous ?


Des progrès conséquents ont été réalisés. Amélioration de l’accès à l’éducation, accroissement des taux de scolarisation en sont les principaux exemples. Mais, en 2018 ce sont encore 260 millions d’enfants qui ne sont pas scolarisés. Et la moitié de ces enfants vivent en Afrique subsaharienne. Les conflits qui touchent certaines régions sont une des raisons majeures de la non-scolarisation des enfants en âge d’aller à l’école. De plus, 50% des enfants et adolescents du monde ; soit 617 millions, « n’ont pas le niveau minimal de compétence en lecture et en mathématiques » selon l’ONU.  Il ne faut pas oublier non plus que certains enfants sont astreints au travail. L’OIT estime qu’il serait encore 168 millions dont la moitié serait exposée à des travaux dangereux.
Investissez dans l’éducation !


Nous l’avons dit plus haut, l’éducation favorise la mobilité. C’est un moyen d’émancipation et d’amélioration des conditions de vie. Il est donc essentiel d’investir dans la formation initiale mais aussi dans la formation continue pour faire monter en compétence les collaborateurs. En retour, les entreprises bénéficieront d’une main d’œuvre plus qualifiée, plus compétitive et plus efficace.
Vous pouvez donc agir à plusieurs niveaux. En ce qui concerne l’accès à l’éducation et à la formation les actions envisageables sont multiples : promouvoir le savoir, les techs et les cultures locales, participer à l’éradication de l’analphabétisme, financer des structures d’apprentissage ou encore réaliser des partenariats avec des établissement scolaires pour contribuer à la formation. Il vous est possible également d’agir dans le cadre de la protection des droits des enfants en s’assurant que vos collaborateurs arrivent à concilier vie professionnelle et vie privée afin d’assurer l’éducation de leurs enfants. Enfin, penser à la formation interne au sein de votre entreprise. Par le biais de plan de formation global, vous pourrez donner accès à vos collaborateurs à la formation professionnelle à tous les stades de leur expérience. C’est par le développement de nouvelles compétences que des opportunités se créeront. De même, offrez des opportunités de stages et/ou d’alternances aux populations vulnérables et aux jeunes. Enfin, si licenciement il doit y avoir, assurez-vous que l’employé bénéficie d’un accompagnement de reconversion et d’une formation.
 
Des zones géographiques sont plus concernées que d’autres sur les questions d’accès aux soins et à l’éducation. Néanmoins, agir à votre échelle, c’est contribuer à un résultat global. Le résultat est d’autant plus frappant sur des questions de santé et d’éducation. Permettre l’accès à l’éducation et à la formation offre des perspectives plus optimistes, tout comme l’accès aux soins et au bien-être permet de se sentir mieux. Ainsi, que vous mettiez en place une politique de sécurité des processus de production au sein de votre entreprise ou que vous financiez la recherche, vous contribuerez à l’amélioration de la santé et du bien-être. De même, permettre à chacun de vos employés d’accéder à la formation continue ou contribuer à l’éradication de l’analphabétisme, sont autant d’actions qui contribueront à leur tour à tous d’accéder à une éducation de qualité. 
 

Jules, membre de SimONU

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