Entreprises et ODD #2: intégrer les enjeux sociaux

01/05/2020 13h15 Entreprises
“Éradiquer la pauvreté et la faim”, si vous n’êtes pas trop jeune cela vous rappellera un des 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) adoptés en 2000. Bien que des progrès aient été réalisés à l’aube de la date butoir (2015), ce n’est pas suffisant. Afin de ne pas relâcher les efforts accomplis et les poursuivre, les ODD ont été adoptés la même année. Et parmi ces 17 objectifs, on retrouve bien “Pas de pauvreté” et “Faim zéro”.

Maintenant que les Objectifs de Développement Durable (ODD) ne vous sont plus inconnus, profitons-en pour les décortiquer et mieux comprendre les enjeux de ces objectifs. L'association SimONU vous offre une grille de lecture des ODD pour les mettre en place au sein des entreprises et ainsi agir en faveur d’un monde prospère, plus équitable et plus respectueux de l’environnement.

 

Une transition écologique ET solidaire

Commençons avec le premier Objectif de Développement Durable. Celui-ci vise à éradiquer la pauvreté, un objectif ambitieux quand on sait qu’aujourd’hui 783 millions de personnes dans le monde vivent sous le seuil de pauvreté soit 10% de la population mondiale. Des chiffres qui restent élevés bien que l’extrême pauvreté ait été divisée par deux depuis le début du millénaire.

Le terme de pauvreté peut paraître "subjectif". En effet, on a tendance à réduire la pauvreté à l’insuffisance de revenu et de ressources mais ce n’est pas tout. La pauvreté se manifeste sous forme d’inégalités multiformes et cumulatives. La faim et la malnutrition (ODD2), un déficit d’accès à l’éducation (ODD5) ou encore à la santé, la discrimination, l’exclusion sociale, la mise à l’écart du processus décisionnel en sont quelques exemples. Ainsi il conviendrait plutôt de définir diverses formes de pauvreté.

De plus, l’idée de pauvreté est relative à la région du monde dans laquelle vous vous trouvez. Être pauvre dans les pays du Nord et l’être dans les pays du Sud, c’est une chose différente.

 

Pourquoi cet objectif et quel rapport avec l’entreprise ?

Aider à éradiquer la pauvreté est bien plus qu’une question de moralité pour les entreprises, il s’agit aussi de créer un environnement propice à leur développement. Une entreprise ne peut être prospère dans un environnement pauvre. En effet, la pauvreté nuit aux dynamiques de croissance et de développement.

Finalement, réduire la pauvreté c’est contribuer à l’amélioration du niveau de vie. Avec un niveau de vie plus élevé, les populations vont pouvoir accéder aux services de base et consommer. Et concernant l’entreprise directement, des salariés mieux rémunérés vont pouvoir satisfaire leurs besoins et donc s’impliquer pleinement dans leur travail. Pour résumer, du travail bien fait donc une productivité correcte et une augmentation des ventes. L’éradication de la pauvreté passe par un cercle vertueux.

Concrètement, que peut faire votre entreprise ?

C’est dans ce sens que l’an dernier 34 multinationales se sont engagées pour lutter contre les inégalités. Il est vrai que des actions d’une telle importance peuvent être difficilement mises en œuvre par des entreprises plus petites, mais l’important c’est d’agir à votre échelle. N’oubliez pas que chaque geste compte !

 

L’impact de l’objectif  Faim “zéro” 

Le nom du second Objectif de Développement Durable est assez évocateur. Son but est évidemment d’éliminer la faim dans le monde. Mais sa mission ne s’arrête pas là. Il a pour vocation d’assurer la sécurité alimentaire, d’offrir une meilleure nutrition, tout en promouvant une agriculture plus responsable et surtout durable. 

Car en effet, les Nations Unies ont aujourd’hui conscience qu’il faut agir différemment pour permettre à tous d’accéder à une “bonne” alimentation. Alors même que la mondialisation tend à homogénéiser les cultures ou encore les denrées, l’organisation démontre qu’il faut tenir compte des spécificités de chaque peuple pour fournir en quantité une nourriture durable à tous.

Si dans notre société nous pouvons parfois se sentir éloignés de ce sentiment de” faim”, il faut savoir qu’une personne sur neuf est sous-alimentée dans le monde. Soit 815 millions d’individus. La plupart d’entre eux vivent dans des pays en développement. D’autant plus que l’ONU prévoit qu’il y ait 2 milliards d’individus supplémentaires en 2050.  La sous-nutrition peut aussi se cumuler à d’autres facteurs, comme l’ingestion d’aliments de mauvaise qualité. Dans ce cas on parle de malnutrition. Ce trouble de la nutrition est à l'origine de 45% des décès d’enfants de moins de 5 ans. Chaque année ce sont 3,1 millions d’enfants qui périssent de ce trouble.

Mais comment expliquer qu’autant de personnes souffrent de la faim ?

Les mauvaises pratiques de récolte ainsi que le gaspillage alimentaire ont largement contribué à la pénurie alimentaire. L’impact des guerres est également notable sur la destruction des terres. A titre indicatif, un français jette en moyenne chaque année 20 kg de déchets alimentaires dont 50% sont encore emballés et donc non-consommés.

Ainsi, toutes les entreprises  doivent prendre conscience de l’enjeu alimentaire et agir d’une manière qui correspond à sa stratégie. Nombreuses sont les actions que vous pouvez envisager.

S’il n’y a pas de liste exhaustive des actions possibles, une se distingue du lot et est peut-être celle qui peut le plus contribuer à l’élimination de la faim dans le monde : réduire le gaspillage alimentaire. En effet, nous l’avons vu plus haut, le gaspillage y est pour beaucoup dans la pénurie alimentaire. Si chacun agit plus responsablement dans ce sens, cette pénurie pourrait fortement s’amenuir. Ainsi, l’idéal serait déjà de sensibiliser sur le gaspillage alimentaire dans votre entreprise. La suite logique serait de ne pas surconsommer, tout du moins ne pas plus acheter si c’est pour jeter. Il s’agit alors de consommer responsablement. L’étape ultime de la lutte contre le gaspillage alimentaire pourrait être de monter un partenariat avec une structure de valorisation des déchets et/ou des surplus.

Bien sûr, vous pouvez tout à fait soutenir les agriculteurs et marchands locaux, adopter une nourriture durable ou encore mettre en place une politique d’innovation et d’amélioration des produits tant sur le plan nutritif que sur le plan durable. N’oubliez pas qu’une entreprise est performante si et seulement si ses employés sont efficaces. Et plus un employé sera bien nourri et en bonne santé, plus sa performante sera bonne !

 

La pauvreté et l’insuffisance alimentaire touchaient encore des centaines de millions de personnes dans le monde. Certes, des zones géographiques sont plus affectées par la pauvreté de revenu, par la malnutrition ou encore par l’exclusion sociale. Mais en agissant à votre échelle vous contribuerez à développer d‘autres environnements qui pourraient bien devenir dynamiques dans le futur voire être de futurs marchés pour votre entreprise. Ainsi, que vous apportiez un soutien financier à un projet responsable, que vous offriez une rémunération avantageuse à vos employés ou encore en innovant dans des biens et services destinés à une clientèle moins aisée, vous contribuerez à réduire la pauvreté. De la même manière, vos actions de lutte contre le gaspillage alimentaire ou bien de soutien aux agriculteurs locaux favoriseront l’accès à la nourriture en quantité et en qualité à tous.

Entreprises, individus, vous pouvez agir ! 

Emina & Jules, membres de l'association SimONU

 

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