Entreprises et ODD #1: quels leviers de transformation durable?

02/04/2020 12h14 Entreprises
L'association SimOnu, qui promeut les Objectifs de Développement Durable au sein de Kedge BS, réalise un dossier complet sur l'intégration de ces derniers au sein des entreprises. Forts de leurs participations aux simulations de l'Assemblée Générale de l'ONU en France et dans le monde, ses membres nous décrivent comment les intégrer au sein des organisations, quels sont leurs réels impacts, et le chemin qu'il reste à parcourir pour certaines.

Les Objectifs de Développement Durable (ODD) constituent une nouvelle série d’objectifs que se sont fixés les États membres de l’ONU en 2015, dans le cadre de l’Agenda 2030. Ils font suite aux huit Objectifs du Millénaire qui étaient destinés aux pays en développement sur la période 2000-2015. Ambitieux, interconnectés mais surtout universels, ces 17 nouveaux objectifs ont pour vocation un développement socialement équitable, respectueux de l’environnement et économiquement prospère d’ici 2030. Ils se composent de 169 cibles qui définissent les priorités des différents objectifs et les actions à privilégier tout en incluant tous les acteurs, y compris les entreprises.

Et la transformation des entreprises dans tout ça? 

Tout commence en 1999, lors du sommet de Davos, lorsque le Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan appelle les dirigeants de toutes les entreprises à s’associer pour créer un “Pacte mondial” (ou “Global Compact”) en vue de proposer et de développer des solutions qui répondent aux défis contemporains. Cette initiative voit le jour un an plus tard, le 26 juillet 2000. C’est à l’heure actuelle, l’initiative la plus importante en matière de développement durable des entreprises.

Mais en quoi consiste-t-elle réellement ?

Ce Pacte s’adresse à toutes les entreprises, de toutes les tailles et tous les secteurs mais aussi de tous les pays. C’est une charte de bonne conduite qui s’inscrit sur une base volontaire, non contraignante pour les entreprises qui la signent. Il a pour objectif principal d'inciter les entreprises à adopter un comportement socialement responsable et à promouvoir les objectifs de l’ONU. En effet, ce Pacte comprend dix principes dans les domaines des droits de l’homme, le travail, l'environnement et la corruption.

Ainsi, les signataires de ce Pacte mondial sont invités à :

Et pour ce faire, ils disposent de différents outils pour les aider à la mise en oeuvre comme des guides pratiques, la création de réseaux locaux au niveau national (Global Compact France) et la possibilité de s’exprimer lors de concertations.

Enfin, à l'occasion de son 20ème anniversaire et du 5ème des ODD, le Pacte mondial a lancé une nouvelle initiative “SDG ambition” (ambition ODD). Cette nouvelle initiative a pour but d’inciter les entreprises à relever leur niveau d’ambition en intégrant, en plus des principes précédents, la réalisation des Objectifs de Développement Durable dans leur stratégie. Cela rejoint la conviction que les entreprises jouent un rôle majeur dans la réalisation des ODD.

Quelles avancées durables aujourd'hui?

Aujourd’hui le Pacte mondial compte plus de 10 000 entreprises participantes réparties dans 173 pays. Cet engagement a été à l’origine de plus 75 000 rapports.

Une étude publiée en 2016 par Accenture Strategy révèle un changement de vision majeur, la déception laisse désormais place à l’optimisme et à l’ambition du côté des PDG, qui voient dans ces initiatives la possibilité d’être plus compétitifs. En effet, 87% des dirigeants interrogés estiment que les ODD sont une occasion de repenser leurs approches en matière de création de valeur durable et 78 % ont déjà identifié des possibilités d’y contribuer dans leur cœur de métier. 

Malgré tout, l’intérêt grandissant des entreprises pour les ODD ne garantit en rien une réelle appropriation de ces derniers. L’adhésion au Pacte n’est pas une solution miracle du fait de sa nature non contraignante mais elle a le mérite de montrer l’engagement des entreprises. Ainsi, pour aller plus loin et ne pas sombrer dans l’ODD-washing, les entreprises doivent dépasser la simple mention de leurs contributions positives aux ODD. Les bonnes intentions doivent désormais être intégrées au coeur de la stratégie. 

Emina & Jules, membres de l'association SimOnu

 

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